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Plan...

1. Tentative de définition de l'amour. (Platon, Maître Tibétain D.K. Alice Bailey)

2. Conscience de groupe

3. L'amour; Difficultés, applications et exercices

 

1. Tentative de définition

Deux mille ans ont passé depuis que la plus grande expression de l’amour de Dieu ait marché sur cette terre et nous ait ordonné de nous aimer les uns les autres. Cependant nous continuons à nous battre et à haïr, à utiliser nos pouvoirs à des fins égoïstes, nous consacrons nos corps et nous appétits aux plaisirs matériels, et nos efforts vitaux sont dans l’ensemble dirigés principalement vers l’égoïsme personnel. Nous nous sommes aimés nous-même et nous avons aimé ceux qui nous plaisaient.

Vous –êtes vous jamais demandé ce que le monde pourrait être aujourd’hui si les hommes avaient écouté le Christ et essayé d’obéir à ses commandements ? Nous aurions éliminé beaucoup de maladies, nous aurions rendu la guerre impossible, nous aurions réduit le crime à un minimum et notre vie moderne serait une démonstration de la divinité manifestée.

La véritable fraternité demeure encore une théorie pour l’homme, mais la fraternité comme idéal pénètre de plus en plus dans la conscience de l’humanité.

Au fur et à mesure que l'évolution progresse, on observe un développement graduel de la capacité d'aimer, qui passe par des stades d'amour au sein du couple, d'amour de la famille, de l'entourage et de tout l'environnement. Et avec le temps, peut être  le patriotisme sera remplacé par l'Amour de l'humanité.

Des grands maîtres nous ont donnés des enseignements dont voici un exemple ; Il s’agit de la  prêtresse Diotime, qui instruit Socrate de la sagesse dans les choses de l'amour.  Par pallier…..ou par échelons.

Voici les paroles de Diotime…

Pour suivre ce chemin et atteindre son but Socrate, il faut commencer dès son jeune âge à rechercher la beauté physique. A n'aimer qu'un seul corps et, à cette occasion, dire de belles paroles.

Ensuite, il faut comprendre que la beauté d'un corps est semblable, comme une soeur, à la beauté d'un autre corps. Il faut ensuite rechercher la beauté des formes, celle qui se trouve dans tous les corps. Arrivé à cette vérité, on doit devenir l'amant de tous les beaux corps, abandonner l'amour médiocre pour un seul, comme une chose qui ne mérite pas son attention.

Puis, on considérera la beauté de l'âme comme plus précieuse que celle du corps, jusqu'à ce qu'une belle âme, même dans un corps peu attrayant, nous suffise à engendrer de belles paroles. On sera alors amené à considérer la Beauté dans les actions et dans les lois, à voir qu'elle est toujours la même, dans tous les cas. On en arrivera à regarder la beauté du corps comme peu de chose.

Enfin, on passera aux sciences et on en découvrira la beauté. On sera alors parvenu à une vision globale de la Beauté. On ne s'attachera plus à la seule beauté d'un seul objet. On cessera d'aimer un enfant, un homme, une action. On sera désormais tourné vers l'océan de la Beauté, en contemplant ses multiples aspects. On enfantera sans relâche de beaux et magnifiques discours. La sagesse et la pensée jailliront de l'amour qu'on a, jusqu'à ce que notre esprit aperçoive la science unique, celle de la Beauté en soi.

Celui qu'on aura guidé sur le chemin gradué de l'amour découvrira une beauté merveilleuse, une Beauté éternelle qui ne connaît ni la naissance ni la mort, qui jamais ne change. Cette Beauté qui ne se présente pas comme un visage ou comme une forme corporelle, elle n'est pas non plus un raisonnement, ni une science. Cette Beauté existe en elle-même et par elle-même, simple et éternelle, et d'elle découlent toutes les belles choses.

C'est cela le véritable chemin de l'amour, que l'on s'y engage soi-même ou que l'on s'y laisse conduire. Il consiste, en partant des beautés sensibles, à monter sans cesse vers la Beauté surnaturelle en passant, comme par des échelons, d'un beau corps à deux beaux corps, puis de deux beaux corps à tous les beaux corps, enfin des beaux corps aux belles actions, et des belles actions aux belles sciences. Pour aboutir à cette science qui n'est autre que celle de la Beauté absolue, et pour connaître enfin le Beau tel qu'il est en soi.

Si la vie vaut la peine d'être vécue, c'est à ce moment: lorsque l'humain contemple la Beauté en soi. Si tu y arrives, l'or, la parure, les beaux jeunes gens dont la vue te trouble aujourd'hui, tout cela te semblera terne. Songe au bonheur de celui qui voit le Beau lui-même, simple, pur, sans mélange, plutôt que la beauté composée de chairs, de couleurs et de cent autres artifices périssables..

2. Conscience de groupe

Il est impossible de parler d’amour sans parler de conscience de groupe. Tout le monde connaît la conscience de soi mais la conscience de groupe est plus difficile à cerner. Ce quoi la conscience de groupe ?

L’homme moyen le perçoit comme sens des responsabilités. L’homme ne vit plus seulement pour les intérêts du soi séparé, mais il commence à se rendre compte de la nécessité de s’adapter aux conditions de son prochain  Il assume la tache d’être réellement le gardien de son frère ; il comprend que le progrès, la satisfaction, la paix de l’esprit et la prospérité ne peuvent exister pour lui que par rapport à son frère. La nécessité de donner au lieu de prendre gagne dans sa conscience. Il se rende compte qu’il est coresponsable de la vie de son groupe et qu’il doit tout faire pour embellir la beauté du groupe. C’est cette profonde connaissance inclusive de la vie et des besoins de tous les êtres. La conscience de groupe et l’amour suppriment tout ce qui élève des barrières, formule des critiques et provoque la séparation.

L’homme influencé par la conscience de groupe commence à comprendre le travail de groupe et à déplacer son centre d'activité, de lui même (comme pivot autour duquel tout tourne) vers le centre du groupe. L’homme montre que son seul désir est d'être un bienfaiteur et de servir, plutôt que de chercher à prendre et à gagner quelque chose pour lui-même Il commence à comprendre que les habitudes séparatives et compétitives sont causes de conflits et constituent un obstacle à l'établissement de justes relations humaines

Ces hommes  mettent l'accent sur ce qui rapproche et non sur ce qui sépare. Ils ne favorisent pas les divisions sectaires, et travaillent à aplanir les haines raciales et les divisions de classe. Ils attirent l'attention sur le bien et le vrai, et énoncent des principes de compréhension fraternelle et de bonne volonté mutuelleOn peut peut-être dire que l’homme est entré en contact avec son âme, et l'âme de par sa nature, a la conscience de groupe; elle n'a pas d'ambitions ou d'intérêts individuels, et ne s'intéresse pas du tout aux buts de la personnalité.

Il faut que cela devienne un mode de vie fondamental. Au travers de cette pratique de l'amour et de la compassion, l’homme fait tout ce qui est dans son pouvoir pour apporter le bonheur et les causes du bonheur, et devenant un exemple vivant de ce qui est à faire ou pas, et il montre ce qui est juste et ce qu'il faut abandonner. C'est une affaire de chaque instant… Quand une émotion particulière s'élève, de l'animosité envers les autres ou un esprit de malveillance, il en est conscient et le transforme en un esprit altruiste qui souhaite non plus un bonheur égoïste, mais celui de tous.

Il arrive à surveiller avec soin les pensées qu’il peut avoir relativement aux autres membres du groupe. Il arrive à supprimer toute suspicion, toute critique, et  il cherche à  voir tous ses collaborateurs sans défaillance dans la lumière de l'amour. Il s’efforce, tant dans sa conduite extérieure que dans sa pratique, de rejeter tout ce qui est action négative et d'accomplir ce qui est positif pour les êtres.

L’homme qui commence à aimer perd petit à petit sa separativité et son égocentrisme et il réalise que la vie qui se manifeste à l’extérieur  de lui-même  est finalement rien d’autre que sa propre vie. Il a éliminé toute action comportant une critique et il a appris à aimer tous les êtres, non pas en théorie, mais en action et en réalité

 

Voici un ancien dialogue orientale entre un maître spirituel et son disciple qui prépare une initiation….Ce dialogue montre bien l’importance de l’amour et la conscience de groupe sur le sentier initiatique. (Alice Bailey)

Il s’agit d’une porte qui change d’aspect    …….

Le Maître…Vois-tu la porte o disciple dans la lumière ?

Disciple…Je vois la porte et j’entends une voix qui appelle. Que devrais-je faire,  o maître de ma vie ?

Le Maître…Passe par cette porte sans perdre de temps à jeter des regards en arrière sur la route que tu viens de parcourir----Avance dans la lumière.

Le Disciple…La porte est beaucoup trop étroit, o Maître de ma vie. Je crains de ne pouvoir passer.

Le Maître….Approche-toi de la porte, et prend dans la tienne la main d’un autre pèlerin sur le chemin. Approche-toi de la porte ; n’essaie pas d’entrer seul.

Le Disciple…Je ne vois plus la porte maintenant que j’ai saisi la main du frère de droit et du frère de gauche. Il semble que je sois entouré de pèlerins sur le chemin. Il se ressemblent, leur note est une; ils me ressemblent et me pressent de tous cotes. Je ne peux pas voir la porte.

Le Maître….Avance sur le Sentier, o pèlerin dans la lumière, et ensemble, tenez-vous tous, la main dans la main, devant la porte de lumière.

Que vois-tu ?

Le Disciple…Main dans la main, la porte apparaît de nouveau, elle semble large et non pas étroite comme avant. Que avais-je donc vu auparavant ?

Le Maître….La porte que tu avais vue auparavant était une invention de ton mental, une forme-pensée de ta création séparative, ton égoïsme et ton manque d’amour. Seul l’homme qui tient son frère par la main peut voir la porte véritable ; seul l’homme entouré du grand nombre de ceux qui ne font qu’un peut entrer par cette Porte, qui se ferme à l’homme cherchant à y passer seul.

 

3. Difficultés, applications et exercices

Il faut tout d’abord identifier les groupes. Quels sont les groupes auxquelles appartient l’homme ? Ou doit il essayer de développer la conscience de groupe et l’amour ?

Pour simplifier voici trois groupes….

1. Groupe  (le groupe familial) Le premier groupe qui est important dans la vie de l’étudiant, est son groupe familial, comprenant l’hérédité et les caractéristiques spéciales de famille. Chaque homme est entré dans une famille particulière par un choix délibéré, pour épurer le karma et rembourser les dettes, comme on dit dans le langage ésotérique, ensuite pour acquérir un certain type de corps physique dont il a besoin pour son expression.

2. Groupe  (associations, sociétés, mouvements, communautés, le monde du travail etc.…) Le deuxième groupe qu’un homme doit considérer est l’équipe particulière d’hommes avec lesquels il peut être affilié.

3. Groupe (Les proches et les amis) Les gens de son entourage, ses associés dans les affaires, ses affiliations religieuses, ses relations, ses amis accidentels et les êtres qu’il contact pour une brève période et qu’ensuite il ne voit plus.

Ces trois groupes sont le véritable champ de bataille pour l’étudiant. Il doit être intégré et participer parfaitement.

Mais que faire quand on n’arrive pas à exprimer l’idéal proposé ? L’homme se rende bien compte que dans certaines situations dans la vie il arrive à exprimer l’amour et la conscience de groupe mais dans la plupart du temps il sait qu’il est loin du but. Il sait qu’il manque d’amour car il est constamment isolé des autres et non pas identifié à eux; il est irrité par les autres, il critique ses frères  il pense qu’il sait mieux qu’eux.

Que faire quand un collaborateur dans notre  milieu professionnel  est une source constante d’irritation ?

Que faire quand on est né dans une famille qui se déchire, ou le désaccord règne et presque tous les membres nous semblent antipathiques ?

Que faire dans une association, comme la notre par exemple, quand un ou plusieurs membres ne correspondent pas à notre idée du membre type ?   

L’antipathie et l’irritation sont bien réelles. Que faire ?

Premièrement il faut faire confiance à la vie et accepter sa place dans le monde et son destin. Accepter qu’il ait été attiré vers un certain type d’activité et un certain type de collaborateurs et accepter qu’il ait été placé dans un certain type de famille pour y participer et progresser. Ensuite vient l’observation de la sympathie et l’antipathie, l’observation de ce qui attiré et de ce qui repousse.

Tout d’abord il faut observer l’apparition de l’antipathie. L’homme doit regarder ou il cède à la critique négative et les paroles désagréables. Il s’observe et il se dit; maintenant j’aime; maintenant je n’aime pas; maintenant je dois essayer d’aimer……  Ensuite il faut partir de l’hypothèse que l’homme n’est pas le créateur ou le fabricant de ses sentiments et de ses émotions. Il faut considérer les émotions, négatives et positives, comme quelque chose à l’extérieur de l’homme, comme quelque chose qui le travers.

Le but doit être de retenir uniquement ce qui et bénéfique.. Un peu comme l’assimilation de la nourriture. En assimilant la nourriture le corps retient ce dont il a besoin et il rejette le resté. En simplifiant en extrême, deux possibilités existe si une émotion négative  travers un homme ; soit il s’identifie avec la matière émotionnel négative et l’antipathie qui le travers et il l’exprime sur le plan physique par des paroles des actes désagréables.

Soit il rejette les émotions et les sentiments négatifs qui le traversent et il n’y a pas d’extériorisation d’actes ou des paroles non fraternelles. Des situations intermédiaires existent bien sur.

Au début de l’observation l’élevé va se rendre compte qu’il arrive parfois à retenir la critique et les paroles désagréables mais que l’antipathie est toujours présente dans sa conscience. Cet ici qu’il faut persévérer. Apprentissage de l’amour est très difficile et demande beaucoup de temps et efforts soutenus pendent toute une vie.

On peut comparer l’apprentissage de l’amour avec l’apprentissage de l’écriture.

Dans notre enfance nous avons appris péniblement à reconnaître les lettres, ensuite nous avons apprise à  les dessiner, ensuite à les assembler pour créer des mots, pour finalement  créer des phrases. C’est un processus qui dure plusieurs années.  En matière d’apprentissage d’amour c’est un peu la même chose. Il faut d’abord reconnaître et observer ses émotions, négatives et positives, ensuite il faut les classer et les assembler, pour ensuite retenir uniquement  ceux qui vont dans le sens de la fraternité et de l’amour.

Vaste programme…avec de longues années d’études et d’observation.  Sûrement avec beaucoup d’échec mais aussi des petits victoires.

Pour finir je me permettrai une petite prophétie ; et en même temps un rêve, en disant que dans les futures écoles, primaires, secondaires et à l'université, l'apprentissage de l'amour fera partie de l’emplois du temps. Comme les mathématiques et le français aujourd’hui.  

Avec une technique bien particulière, avec des exercices et des travaux pratiques.

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 Maitre Tibétain Maitre D.K.